Retour
Congo-Brazzaville : le boom gazier et pétrolier propulse la croissance attendue à 5,2 % en 2026

06 juin 2025

Congo-Brazzaville : le boom gazier et pétrolier propulse la croissance attendue à 5,2 % en 2026

Fitch Solutions anticipe un rebond de l’activité à 5,2 % en 2026 grâce à la montée en puissance du projet Congo LNG et à la reprise des exportations d’hydrocarbures, alors que le FMI et la BEAC alertent sur la dépendance persistante aux cours du brut.

Christian Yoka, ministre des Finances, du Budget et du Portefeuille public, a présidé le 27 mars 2026 la première réunion de l’année du Comité national économique et financier (CNEF), consacrée aux perspectives macroéconomiques du Congo. Le CNEF a alors projeté une croissance de 5,3 % en 2026, portée notamment par le rebond de la production pétrolière, le développement du gaz naturel liquéfié et la poursuite des réformes économiques.
Cette trajectoire marque une rupture nette avec la croissance molle des dernières années et place de nouveau le secteur des hydrocarbures au cœur de la stratégie de relance. Les prévisions de Fitch Solutions, reprises par les autorités, misent sur une accélération de l’activité tirée par les exportations de gaz et de pétrole, un renforcement des recettes publiques et une consommation des ménages qui résiste malgré la poussée inflationniste.

Congo LNG et Marine XII changent l’échelle du gaz congolais

Au centre de ce scénario figure le complexe Congo LNG, développé par Eni et ses partenaires sur le permis offshore Marine XII. La deuxième phase, mise en service progressivement depuis fin 2025 avec l’arrivée du FLNG Nguya, porte la capacité totale de liquéfaction du projet à 3 millions de tonnes de GNL par an, soit environ 4,5 milliards de mètres cubes de gaz. Cette capacité s’ajoute aux 600 000 tonnes annuelles de la première phase portée par le FLNG Tango. Eni avait annoncé dès 2022 que le déploiement d’un second FLNG permettrait d’atteindre ce niveau de production.

L’entrée en régime de cette seconde unité se traduit par une bascule de l’équation gazière congolaise. La montée en puissance du projet Congo LNG devrait entraîner une forte progression de la production et des exportations de gaz naturel en 2026, tandis que la reprise de la production pétrolière contribuera également à soutenir la croissance du secteur des hydrocarbures.

Un budget 2026 reconfiguré par la manne hydrocarbures

Le rebond attendu ne se limite pas aux volumes énergétiques : il modifie également la trajectoire budgétaire. Les autorités ont révisé à la hausse le budget 2026 en juillet, avec des dépenses portées à 2 561 milliards FCFA contre 2 320 milliards FCFA dans la loi de finances initiale, soit une hausse d’environ 10,4 %. Cette évolution repose notamment sur des perspectives de recettes hydrocarbures plus favorables. Le FMI souligne par ailleurs que les investissements dans le secteur gazier ont contribué à creuser le déficit courant ces dernières années.

Ce choix budgétaire s’inscrit dans une fenêtre d’opportunité caractérisée par des prix internationaux encore élevés mais volatils. En avril, la réunion de fixation des prix des hydrocarbures bruts produits au Congo a retenu un Brent daté projeté autour de 80 dollars par baril pour le deuxième trimestre 2026, niveau jugé favorable pour les finances publiques.